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ANNE BESURE

Fondatrice de Accemo® | Soins Harmonisants
Experte en accompagnement des traumatismes
Auteure | Illustratrice

Réparer la honte primaire : un chemin de dignité retrouvée.

Comprendre la honte primaire ne ne la fait pas disparaître, mais c'est un premier pas qui permet de passer à sa transformation. Celle-ci va se vivre à travers un travail relationnel, incarné, qui permet à la personne de faire une expérience différente de ce qu’elle a connu dans l’enfance.

Réparer la honte primaire, c’est réécrire la manière dont on se perçoit, dont on se sent légitime, dont on habite sa place.

Voici comment ce chemin se construit.


Première étape : reconnaître que ce n’était pas “vous”, mais un contexte.

La honte primaire est une adaptation. Une manière de protéger le lien dans un environnement où :

  • les besoins étaient mal accueillis,

  • les émotions dérangeaient,

  • ou la présence d’enfant n’était pas vraiment reçue.

La reconnaître comme telle, c’est déjà relâcher une partie de sa charge. Vous n’êtes pas “trop”. Vous avez appris à réduire votre présence pour survivre affectivement.

Nommer cela, c’est rendre la honte à l’histoire.


Deuxième étape : vivre une expérience relationnelle nouvelle.


La honte primaire ne se soigne pas par des raisonnements. Elle se transforme grâce à une relation :

  • stable,

  • sécurisante,

  • non jugeante,

  • cohérente,

  • qui ne demande pas à l’autre de performer pour être aimé.

Dans un espace thérapeutique, dans une relation amoureuse saine, dans une amitié authentique, juste, quelque chose de fondamental se produit :

vous devenez visible sans être évalué.

C’est un choc positif, parfois déstabilisant. Et c’est là que la honte commence à se fissurer.


Troisième étape : ressentir ses besoins… sans s’en excuser.


Pour les personnes marquées par la honte primaire, ressentir un besoin est souvent synonyme de danger.

Un besoin implique un risque de rejet, de dérangement, d’abandon.

La réparation passe alors par :

  • identifier un besoin simple,

  • s’autoriser à le ressentir,

  • l’accueillir sans jugement interne,

  • oser le nommer petit à petit.

Ce travail est parfois minuscule :“J’ai froid.” “J’ai besoin d’une pause.” “J’aimerais que vous reformuliez.” “Je suis triste.”

Mais il est immense pour le système nerveux.


Quatrième étape : apprendre à recevoir sans se sentir redevable.


Recevoir est souvent plus difficile que donner.

En effet, après avoir appris très tôt que le besoin mettait le lien en danger, recevoir réactive une alarme intérieure :« Je vais devoir rendre, prouver, compenser. Sinon, je n’ai pas le droit d’être là. »

La réparation ne passe pas par un basculement radical, mais par de micro-expériences de réception, suffisamment petites pour ne pas déclencher la panique :

  • recevoir un regard sans se détourner,

  • recevoir une présence sans "s’occuper" de l’autre,

  • recevoir une écoute sans la mériter,

  • recevoir un compliment sans se justifier ni se diminuer.

À chaque fois que quelque chose est reçu sans porter, sans rendre, sans s’effacer, une autre mémoire commence à s’inscrire :« Je peux être en lien sans me rendre utile. »« Je n’ai pas à mériter ma place. »


Cinquième étape : construire une identité qui se tient debout.


Lorsque la honte recule, quelque chose s’ajuste profondément :

  • la voix intérieure devient moins dure,

  • les relations deviennent plus équilibrées,

  • les limites deviennent plus naturelles,

  • l’expression de soi n’est plus synonyme d’alarme,

  • la présence prend sa juste place.

C’est une reconstruction discrète mais puissante : une dignité retrouvée.


Non, la honte primaire n’est pas une fatalité.


La honte primaire n’est pas un défaut personnel. C’est la trace d’un contexte affectif où l’enfant a dû réduire sa lumière pour préserver le lien.

Mais cette lumière ne disparaît jamais vraiment. Elle attend un espace sûr pour revenir.

La réparation, c’est réapprendre à dire : « Me voici. Pas moins. Pas plus. Juste moi. »

Et se découvrir digne, non pas parce que l’on fait bien…mais juste parce que l’on Est.


Chaleureusement,


Anne

 
 
 

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