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ANNE BESURE

Accompagnement psychocorporel et émotionnel
Gestion du stress et des traumatismes
Fondatrice de l'approche ACCEMO® 
Auteure | Illustratrice

Quand l’émotion prend la barre: comprendre son fonctionnement intérieur.

il y a 6 heures
3 min de lecture

L’autre jour, je me suis dit que ce n’était pas possible. Après tant d’années de travail sur moi, comment pouvais-je me retrouver encore une fois dans ce que j’appelle un tsunami émotionnel ?

Ces moments où je me sens engloutie sous une vague d’émotions si forte que, pendant un instant, j’ai l’impression que je ne vais jamais m’en relever.

Et pourtant, cette fois-ci, quelque chose était différent.

Je crois, (j’espère...) avoir compris que ce n’est pas une faiblesse.

Que ce n’est pas simplement “trop d’émotions”. Ou trop d'hypersensibilité.

Mais peut-être un véritable mode de fonctionnement, dans lequel les émotions prennent parfois le dessus sur la raison.

C’est ce que j’ai choisi d’appeler, avec mes mots à moi, un fonctionnement à dominante limbique.


Ressentir intensément… ou être débordé ?

Certaines personnes perçoivent le monde avec beaucoup de finesse.

Elles ressentent :

  • les ambiances,

  • les émotions,

  • les nuances,

  • les micro-changements.

On parle souvent d’hypersensibilité.

Dans ce cas, même si les émotions sont fortes, il reste généralement possible de :

  • réfléchir,

  • prendre du recul,

  • organiser,

  • choisir.

Cela demande parfois plus d’énergie…mais le lien avec la réflexion reste présent.


Quand l’émotion prend le dessus.

Dans d’autres situations, il se passe quelque chose de différent.

Ce n’est pas seulement ressentir beaucoup. C’est que l’émotion devient prioritaire. C’est ce que j’appelle le fonctionnement à dominante limbique

Dans ces moments-là :

  • la réflexion se met en retrait,

  • le mental devient flou,

  • une action part rapidement,

  • le corps réagit avant que la tête comprenne.

Et ce n’est pas forcément lié à un stress évident.

Cela peut être subtil, rapide, presque invisible au départ. Mais suffisamment puissant pour orienter le comportement.

Comme si le système disait parfois :« Ce n’est pas la peur ou le danger qui déclenche mes réactions, mais l’importance émotionnelle de ce que je vis.”


Une situation simple pour comprendre.

Vous envoyez un message à quelqu’un qui compte pour vous.

Les heures passent…et il n’y a pas de réponse.

En cas d'hypersensibilité régulée

Vous ressentez quelque chose : un léger pincement, une émotion.

Mais vous pouvez encore :

  • prendre du recul,

  • envisager plusieurs explications,

  • attendre.

L’émotion est là… mais elle ne prend pas toute la place.

En cas de fonctionnement à dominante limbique

L’émotion monte plus vite et plus fort.

  • le mental se brouille,

  • une impulsion apparaît (relancer, interpréter, se refermer…),

  • vous agissez rapidement.

Puis, plus tard :

  • vous comprenez,

  • vous relativisez

La réaction précède la réflexion.


Sortir du jugement

Quand on ne comprend pas cela, on peut se juger :

  • “trop sensible”,

  • “excessif”,

  • “désorganisé”.

Mais souvent, il ne s’agit pas d’un manque de capacité.

Il s’agit d’un système qui :

  • ressent vite,

  • réagit vite,

  • cherche de la sécurité.


Un trauma à l'origine de ce fonctionnement?


Pas forcément.

Un fonctionnement émotionnel intense peut être lié à une histoire d’insécurité, d’adaptation précoce, ou de manque de stabilité…

Mais il peut aussi venir d’un tempérament naturellement sensible, d’une grande réceptivité ou d’une manière d’être au monde.

Le plus souvent, c’est un mélange des deux : ce que l’on est, et ce que l’on a vécu.

L’important n’est pas de trouver une cause, mais de comprendre ce dont notre système a besoin aujourd’hui.


Apprivoiser sa mer intérieure.

Naviguer avec une mer intérieure intense demande parfois plus d’attention, plus de douceur, plus de présence.

Il y aura toujours des vagues. Parfois calmes, parfois puissantes.

Mais avec le temps, on apprend à les reconnaître, à ne plus se perdre complètement en elles, et à retrouver la barre un peu plus vite.

Pas pour contrôler la mer. Mais pour habiter sa navigation.


Dans le prochain article, je partagerai quelques pistes concrètes pour apprendre à vivre avec ce fonctionnement… sans se laisser emporter par chaque vague.


Chaleureusement,


Anne




 
 
 

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