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ANNE BESURE

Accompagnement psychocorporel et émotionnel
Gestion du stress et des traumatismes
Fondatrice de l'approche ACCEMO® 
Auteure | Illustratrice

Accompagner sans induire : l'importance des mots

il y a 10 minutes
3 min de lecture

Commencer une thérapie n'est pas toujours une démarche facile. Cela demande souvent du courage, de la confiance et la volonté d'aller à la rencontre de soi, de ses blessures, de ses doutes et de ses questionnements.

Dans cet espace où l'on accepte de se dévoiler, parfois avec une grande vulnérabilité, les paroles de celui ou celle qui nous accompagne peuvent avoir un poids considérable.

« Vous portez un traumatisme transgénérationnel. »

« Votre chakra du cœur est bloqué. »

« Votre aura révèle une blessure profonde. »

« Vous portez une mémoire dont vous n'avez pas conscience. »

Ces paroles peuvent sembler éclairantes, parfois même rassurantes. Enfin, une explication !

Mais que se passe-t-il lorsque cette explication ne vient pas de la personne elle-même ?

Certaines de ces affirmations concernent des éléments intangibles, qui ne peuvent être ni observés objectivement ni vérifiés. Leur interprétation repose alors essentiellement sur les perceptions, les croyances ou l'appréciation personnelle du praticien.

Une idée suggérée peut devenir une conviction. Une conviction peut devenir une nouvelle inquiétude. Et cette inquiétude peut, à son tour, nourrir la souffrance.

La personne risque alors de chercher en elle des blessures qu'elle ne connaissait pas, de revisiter son histoire à travers des interprétations qui lui ont été proposées, de croire qu'il reste toujours quelque chose à débloquer, à réparer ou à libérer.

Et parfois, au lieu de se sentir plus libre, elle se sent encore plus prisonnière de ce qu'elle croit porter.

Écouter sans induire

Il ne s'agit pas de juger les croyances ou les intentions des praticiens. Il s'agit de prendre conscience du poids que peuvent avoir certaines paroles sur une personne fragilisée.

Accompagner quelqu'un, ce n'est pas nécessairement trouver une explication à sa souffrance.

C'est aussi pouvoir accueillir ce qu'il ressent sans lui dire ce que cela signifie. Lui laisser le temps de trouver ses propres mots, ses propres liens, ses propres réponses.

Accepter de ne pas savoir à sa place.

Car ce qui émerge de l'intérieur, du corps, des émotions, des tripes, n'est pas la même chose que ce qui a été suggéré de l'extérieur.

Une personne n'a pas besoin qu'on lui raconte ce qu'elle porte pour commencer à se comprendre.

Elle a besoin d'un espace où elle puisse ressentir librement, questionner, douter, découvrir, sans devoir correspondre à une interprétation.

Le thérapeute aussi est humain

Un thérapeute reste avant tout un être humain, avec son histoire, ses émotions, ses expériences et ses propres blessures.

Même animé des meilleures intentions, il peut parfois, sans en avoir conscience, laisser son vécu personnel influencer sa manière d'écouter, de comprendre ou d'interpréter ce que traverse la personne qu'il accompagne. C'est notamment l'un des risques liés au contre-transfert.

Cela ne remet pas nécessairement en question sa bonne foi ni sa bienveillance, mais rappelle combien il est important de rester vigilant à ce qui nous appartient et à ce qui appartient à l'autre.

C'est aussi tout le sens du travail personnel et de la supervision : permettre au thérapeute de prendre du recul sur ses propres réactions, de reconnaître ses projections et d'ajuster sa posture.

Il peut également lui arriver de chercher ses mots, de s'exprimer maladroitement ou de proposer une interprétation qui ne correspond pas au ressenti de la personne.

C'est pourquoi celle-ci doit pouvoir se sentir libre de questionner ses propos, d'exprimer son désaccord ou simplement de dire : « Non, ce n'est pas ce que je ressens. »

Car la confiance se construit aussi dans cette possibilité d'être entendu et respecté dans son propre ressenti.

La liberté de découvrir par soi-même

Accompagner une personne, c’est avant tout lui laisser la place de découvrir ce qui se vit en elle, à son rythme, avec ses mots et ses propres ressentis.

C’est accueillir ce qu’elle partage, mais aussi respecter ses silences, ses hésitations et ce qu’elle ne parvient pas encore à exprimer.

C’est lui permettre de prendre confiance dans ce qu’elle ressent, sans lui imposer une manière de comprendre son vécu.

Car personne ne peut savoir à la place de l’autre ce qu’il ressent profondément.

Et parfois, accompagner, c’est simplement cela : être présent, écouter et laisser à l’autre toute la liberté de se découvrir.

À vous qui êtes en chemin, je vous souhaite de tout cœur de garder confiance en vos ressentis et de vous laisser la liberté de découvrir ce qui est juste pour vous.

Chaleureusement,

Anne


 
 
 

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